VOYAGE SUR LES TRACES DE SAINT AUGUSTIN
  Parcours touristique et culturel
  POUR EN SAVOIR PLUS 


VALLIS - THERMES
 

 


TIGNICA - TEMPLE

TUBURSICU BURE - PORTE

THUGGA- CAPITOLE
 

 


MUSTIS - ARC

DRUSILIANA (?) - COLONNE

SICCA VENERIA - BASILIQUE

MASCULVIA - MAUSOLEE

 


TUBURNICA - THERMES PRIVEE

 


SIMITTHUS - PONT
 

BULLA REGIA - MAISON SOUTERRAINE

 


BILTHA - MONUMENT ENCONNU
 

MEMBRESSA - PONT ROMAINE
 

SUE - EPIGRAPHE MURAL

 


CARTHAGE - THERME ANTONIN

Le projet de Voyages sur les traces de saint Augustin a retenu deux formules touristico-culturelles de très grand intérêt, et une excursion (optionnelle) dédiée aux soins du corps, qui s’associent toujours fort bien aux soins de l’esprit, auprès de l’établissement thermal de Korbous (l’ancienne Aquae Carpitanae),  50 km environ de Carthage. Ceux qui ne souhaiteraient pas profiter de cette excursion pourront passer une journée de repos et de temps libre, qu’ils pourront consacrer à la visite individuelle de la ville de Tunis, de sa Médina et de ses souks, qui en font une des plus belles Médina de l’Islam, site classé  comme patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Il sera aussi possible d’effectuer d’autres excursions à caractère archéologique proposés dans notre programme.

La première formule permet de parcourir les voies romaines, qui furent parcourues par St. Augustin lui-même à  partir de son premier voyage à Carthage, à l’âge de 16 ans, en provenance de sa ville natale, Tagasta, actuellement en Algérie (Voyage sur les traces de St. Augustin). Cette première formule dure 2 jours; en cas d’intérêt particulier ou de nécessités culturelles plus approfondies, cette formule pourra être portée à trois jours, en apportant une modification appropriée au programme du reste de la semaine. Cette formule s’effectuera lors du deuxième et le troisième jour de l’arrivée.

La deuxième formule permet de visiter et connaître les grands monuments et basiliques (de la période comprise entre l’an 200 ap J.-C., début de la période du plus grand rayonnement romain de la ville jusqu’à la moitié  du 5ème siècle avec les invasions des vandales consécutives au sac de Rome), que St. Augustin fréquenta et visita au cours de ces nombreuses périodes carthaginoises, y compris une visite du fameux Musée du Bardo, à  Tunis, visite orientée vers la période chrétienne de Carthage. Ce deuxième module a une durée de deux jours et se fera le quatrième et le cinquième jour de l’arrivée.

L’excursion aux thermes, permet enfin de passer une matinée auprès de l’Établissement Thermal de Korbous, déjà  connu et exploité au cours de la période augustinienne, sous le nom de Aquae Caldae Carpitanae. On pourra bénéficier d’un package complet de thérapies thermales, qui permettront de tirer de grands bénéfices physiques. En alternative d’autres excursions aux villes romaines de Dougga (1 jour), Utica (1/2 jour), Thuburbo Majus (1/2 jour) ou à l’aqueduc de Zaghouan + la Ville de Oudna (1/2 jour) peuvent être choisies.

Le fait de parcourir  à nouveau physiquement les itinéraires et les lieux qui virent l’apogée de la civilisation Carthaginoise et la naissance et le développement de la chrétienté en Afrique du Nord, ainsi  que la lecture de la documentation qui sera distribuée durant de tels parcours, permettront de mieux assimiler la pensée d’Augustin et apporteront de grands bénéfices à ceux qui participeront à ce Tour. 

S. Augustin a vécu entre 354 et 430 après J.C. et il est à la fois témoin et acteur de l’épanouissement du christianisme en Afrique, épanouissement auquel il a contribué de manière déterminante. Nous avons été très minutieux, appliqués et prudents dans la reconstruction fidèle des lieux et sites fréquentés par le saint, et des trajets et parcours qu’il a certainement effectués pour se rendre d’un endroit à un autre,  corps et âme. La lecture de  ses oeuvres et ceux de ces biographes nous permettent sûrement de connaître minutieusement en détails chaque aspect de la vie politique,  économique et sociale de l’époque. Certains de ces lieux sont très connus historiquement; d’autres, comme la Basilique Majorum, ont été  identifiés grâce à une relecture longue et poussée et une reconstruction croisée en utilisant l’ordinateur (en faisant également appel à  Internet), ainsi que  toute la documentation bibliographique qui les concerne.

La première semaine prévoit deux journées de Tour sur les traces de St. Augustin, deux journées de visite des Monuments, Églises et Basiliques de Carthage et du Musée du Bardo, et une journée de relax, ou bien de cure thermale à  Korbous ou bien choisissant une des excursions culturelles/archéologiques proposées. La journée de l’arrivée ainsi que celle du départ ne peuvent pas être considérées utilisables dans le cadre du séjour, car les heures d’arrivée et de départ des avions, ainsi que les temps d’attente dans les aéroports, ne sont pas connus.

  1. PREMIÈRE FORMULE : VOYAGE SUR LES TRACES DE St. AUGUSTIN  (2 jours)

St. Augustin fut un grand voyageur, mais en réalité  il s’est presque toujours déplacé   à l’intérieur d’un périmètre compris entre Tagaste (actuellement Souk Ahras, en Algérie à 25 km de la frontière actuelle avec la Tunisie, petite ville dans laquelle il naquit et vécut jusqu’à l’âge de 16 ans), Carthage (ville dans laquelle il développa ses  études, ses expériences humaines, ses connaissances de la vie, sa première foi manichéenne et la maturation successive de son choix de la foi chrétienne), l’Italie (Rome et Milan) où il se convertit au christianisme, Hyppone (aujourd’hui Annaba, en Algérie,  50 km environ de la Tunisie) où  il devint prêtre d’abord, puis  évêque, et finalement de nouveau à  Carthage où, entre autre, il remit de l’ordre dans un schisme des plus insidieux pour la communauté  chrétienne de l’époque (contrastes entre chrétiens et donatistes).

Les routes qu’il parcourut  à l’époque  étaient les anciennes proconsulaires romaines, étudiées de manière détaille déjà en 1947 par le cartographe français Pierre Salama, auteur de la très célèbre carte des routes romaines, qui a  été utilisée dans notre projet. Nous avons fait des recherches approfondies sur ces trajets, en procédant a  un contrôle croisé  des données de la documentation que nous possédons. En amont, les données relatives aux villes touchées par St. Augustin ont été  tirées de ses oeuvres, surtout des « Confessions », ainsi que de la vaste biographie qui le concerne, dont les références sont portées en marge de la présente étude. En aval, les traces des voies romaines ont été  étudiées en utilisant le texte le plus important qui a été  écrit sur cet argument (r f.9) et les résultats avalisés par des autorités en la matière, MM. A. Ennabli, directeur du Musée National de Carthage, et K. Karoui, architecte chef de département des sites protégés auprès de l’Institut National du Patrimoine Archéologique de Tunisie. Toutes ces sources sont concordantes et reconnaissent que les traces des vieilles voies romaines correspondent  dans 60% des cas avec les grandes voies de communication  du Pays, avec la différence que le réseau tracé par les romains  était bien supérieur  à celui de nos jours; de nombreuses petites routes provinciales, par exemple, ont disparu aujourd’hui. Le tracé proposé  suit, par souci de méticulosité , également quelques voies secondaires de liaison entre les proconsulaires, qu’Augustin pourrait avoir empruntées comme raccourcis, même si cela ne peut pas  être prouvé par la documentation en notre possession. Il est toutefois possible de supposer que St. Augustin suivait, dans ses déplacements, les tracés des voies proconsulaires principales, plus sûres et mieux entretenues que celles secondaires, plus  étroites et tortueuses,  à l’exception d’éventuels raccourcis que les voyageurs prennent parfois, lorsque la route leur est bien connue. Nous n’avons toutefois aucune information historique certaine à ce propos. Du reste, toutes les villes qu’il décrit ou dit avoir touchées au cours de ses déplacements, se trouvaient le long des principales artères pavées de communications de l’époque. On enregistre quelques différences sensibles entre les tracés des vieilles et des nouvelles routes tout le long du parcours, surtout dans la deuxième moitié ,  l’approche de la frontière avec l’Algérie, après la ville du  Kef (Sicca Veneria).

Les chemins qu’il a suivis  à coup sûr sont au nombre de deux : le premier, méridional, quand depuis sa ville natale Souk Hrras il se rendit à Carthage pour commencer ses études, et quand de retour d’Italie, il se rendit de  nouveau sur sa terre natale; le second, plus a nord, lorsque de Carthage il se rendit a Hyppone, où il fut au début prêtre ensuite évêque.  Et successivement, de Hyppone quand il se rendit à   Carthage pour les conciles qui s’y tenaient, pour la solution  à apporter au schisme entre donatistes et chrétiens (thermes de Gargiullien) en 411 et son sermon historique du 26 juin 411, lorsqu’il fit taire les romains qui fuyaient de Rome, en accusant Dieu des malheurs qui s’abattaient sur leur ville (Basilique Majorum). En outre, le parcours septentrional passe par la cité antique de Bulla Regia, où il a tenu un fameux sermon, dans laquelle il gronda les citoyens parce qu’ils n’écoutaient pas ses invitations à déserter le cirque pour la messe dominicale, choses qui au contraire n’ont pas étés faites par les bons citoyens de  Simittus.  A l’allée , on parcourra le trajet méridional jusqu’à la frontière algérienne de Sakiet Sidi Youssef (ville romaine de Masculvia); au retour, le jour suivant, nous parcourrons le trajet septentrional, que nous définirons itinéraire Nord. Après avoir visité le site vierge et à peine découvert par notre équipe de Masculvia, et après avoir visité aussi quelques vestiges romains, y compris une tour nous rejoignons la ville de Chemtou et, ensuite Bulla Regia, Vaga et enfin nous rentrerons à Tunis. Avant de passer  l’analyse des parcours et des villes qu’il toucha, il faut préciser que,  à l’époque de St. Augustin, des paroles comme « Tunisie » ou « Algérie » n’avaient aucun sens, car ces terres appartenaient à la Numidie ou  à la Khroumirie. Aujourd’hui, ces parcours se déroulent en Algérie (15 %) et en Tunisie (85 %), où fort heureusement se trouve Carthage. La sécurité, la stabilité  politique et économique qui règnent en Tunisie et sa tolérance proverbiale permettent aujourd’hui de réaliser ces itinéraires dans la sécurité la plus totale. Il n’est bien entendu pas possible de compléter ce tour en territoire algérien, ce qui est déconseillé actuellement. En allant vers la frontière algérienne, pourront enfin surgir quelques difficultés faute de structures touristiques acceptables, surtout hôtelière, mais on sera heureusement récompensé par la beauté  du paysage, recouvert de forêts de chênes liges. Nous demandons donc aux participants un minimum d’esprit d’adaptation, bien dans le sens de celui des voyageurs d’il y a mille sept cent ans. Nous devons préciser que plus de 30 villes  étaient disséminées le long du parcours en territoire tunisien à l’époque de St. Augustin: aujourd’hui, nous avons pu en identifier 22 avec certitude, qui sont toutes touchées par notre tour. Parmi celles-ci, il en est 17 où  se trouvent des vestiges romaines, parfois  à peine visibles (une caverne, un pan de mur, comme  Vallis, Membressa, Agbie, Lares), parfois de proportions considérables (comme Dougga, Bulla Régia, Simitthus avec son merveilleux et imposant pont romain. En tout, nous couvrirons environ 700 km, et le parcours sera effectué dans des bus confortables et climatisés, même si, en route, on rencontrera quelques difficultés dues à l’état de la chaussée. Dans certains cas, une courte promenade à  pieds de 200 m. environ sera nécessaire pour aller visiter les ruines de prés. D’après notre documentation, les parcours originaires romains en territoire tunisien, sont les suivants :

(sites archéologiques visités durant le Tour)
(sites archéologiques non visités durant le Tour)

-CARTHAGO
-TUNES
-INUCA
-SICILIBBA
-TURRIS
-VALLIS
-THISIDUO
-MEMBRESSA
-CHIDDIBIA
-TICHILLA
-TIGNICA
-THUBURSICU BURE
-THUGGA
-AGBIA
-MUSTI
-
SICCA VENERIA   (frontière)
-TAGASTE

Ce parcours a  été certainement suivi, et au moins trois fois par le Saint,  à la fois en tant que athée et en tant que chrétien converti. La distance estime en kilomètres, de Tagaste (actuelle Souk Ahras) à Carthage, est d’à  peu près   240 Km (aujourd’hui au moins 300 Km),   que à l’époque se parcouraient à  pieds ou à dos de mule. Considérant qu’un homme parcoure a pieds 30 Km/jour en moyenne, et tenant compte des imprévisions (mauvais temps, routes impraticables, déviations dues à  diverses autres raisons, etc.), on estime qu’une telle distance peut être parcourue en 8 à  10 jours. Voici donc une description de l’itinéraire sud : CARTHAGE / TUNIS

On part de l’hôtel à Carthage tôt le matin, en prenant à la main les bagages nécessaires aux nuitées pendant le tour. On fera placer en outre tous ses autres bagages dans les soutes du car. On prendra la route et on traversera Tunis et sa banlieue, ce qui demandera un peu plus d’une heure.

-TURRIS: Une fois la périphérie de la grande ville de Tunis dépassée, on arrive à la ville de  Turris. Par cet important croisement, passage quasi obligatoire pour qui doit atteindre Carthage, partent les deux routes proconsulaires plus importantes de notre Tour.

-VALLIS: On dépassera la grande banlieue de Tunis pour atteindre la petite ville de Vallis. De cet important croisement, passage pratiquement obligé pour ceux qui souhaitaient atteindre Carthage, partaient deux voies proconsulaires plus importantes, but de notre tour. Les traces de cette ville se trouvent légèrement en dehors du centre habité, étalées sur le sommet d’une petite colline, à 5 km environ de l’embranchement qui mène à Sidi Medien. Toute la ville est encore tout à fait ensevelie, seules affleurent les parois de quelques édifices plus importants, disséminés dans un large rayon. En particulier, les vestiges d’un grand temple apparaissent sur une toute petite colline. Sont en cours, des fouilles qui ont mis à la lumière une basilique romaine entière et un bon bout de route. Plus en haut, on peut voir le capitole et, dans la vallée, les restes d’un autre temple. Contre la colline on peut voir, d’une manière nette , les murs de protection bien conservés de la ville.

-MEMBRESSA: On quittera Vallis pour prendre l’itinéraire méridional et atteindra la petite ville de MEMBRESSA. Il n’a pas été trouvé de traces significatives de vestiges romaines dans cette petite ville ; nous citons, à titre anecdotique, le nom de « Membressa » donné à un hôtel du lieu. Nous avons demandé davantage d’informations sur ce site aux responsables de l’Archéologie tunisienne.

-TICHILLA: Nous ferons pour Tichilla les mêmes observations que pour Membressa.

-TIGNICA: La ville a pratiquement disparu. Il existe des ruines impressionnantes, malheureusement parfois restaurées de manière hâtive et maladroite, au point que certaines inscriptions romaines, sculptées sur de grandes dalles, ont été placées sens dessus dessous. Il est presque certain que ces tentatives grossières de restauration ont été mise en œuvre par les Byzantins pour fortifier et défendre la ville au cours de leur brève domination. En particulier, des vestiges d’une grande ville apparaissent, des temples, des basiliques et un forum, même si à ce jour le complexe n’a pas encore été entièrement   fouillé. Toute la ville est disséminée sur une surface approximative de plusieurs kilomètres carrés, et les grands temples paraissent  entourés de quelques édifices plus petits. On peut voir notamment quelques mètres de la route romaine en état de bonne conservation. Les ruines du grand fort à l’entrée de la ville sont par contre d’origine Byzantine.

-TUBURSICU BURE: La très belle route panoramique grimpe sur de superbes collines, aux vastes étendues de blés dorés (notre reconnaissance s’est déroulée au mois de juin). La ville de Tubursicu Bure (Teboursouk) est bâtie à flanc de colline. Il existe de merveilleuses vestiges, de longs tronçons de vieux murs romains, des temples splendides, un des sites archéologiques les mieux conservés du pays. Pour le visiter à fond, il faudra y consacrer beaucoup de temps et parcourir de nombreux kilomètres.

-THUGGA: Ses ruines comptent parmi les vestiges les mieux conservées parmi les agglomérations de l’antiquité. La ville de Thugga (toponyme numide) est considérée être la patrie d’origine de Massinissa et de ses descendants, parmi lesquels Micipsa et Jugurtha. A l’époque romaine, le territoire de la ville était subdivisé entre la ville numide punicisée et un «pagus » (district de la colonie romaine de Carthage). Les ruines sont celles des édifices financés par des notables du pagus. L’unification municipale n’eut lieu qu’en 205 de notre ère, quand Thugga accéda au rang de municipalité, puis de colonie à titre honorifique en 261. L’insécurité de l’époque explique son déclin, mais la ville tomba dans l’oubli total seulement au moyen âge.

-LE CAPITOLE: Cet édifice, construit en 166-169 de notre ère, est orné en façade de quatre colonnes corinthiennes cannelées et est dédié à Zeus, Junon, Minerve pour la sauvegarde de Marc Aurèle et de Lucius Verus. On y arrive en traversant la place de la «rose des vents », située à l’est.

-LE THEATRE: Il est de la même période que le capitole, il a des gradins en hémicycle qui encadrent l’orchestre, sa partie postérieure pouvait comporter des sièges mobiles réservés aux dignitaires. Un mur perforé de niches séparait l’orchestre de la scène.

-LES THERMES LICINIENS: Ils ont été construis au troisième siècle et comprennent un gymnase, des vestiaires, des laconium pour les bains d’air sec, trois calidaria, un tepidarium et un frigidarium.

-LE TEMPLE DE TANIT-CAELESTIS: Il a été construit sous Septime Sévère et il s’élève au milieu d’une cour semi-circulaire.

-LE MAUSOLEE: C’est le seul monument d’époque libico-punique (deuxième siècle avant notre ère), il mesure 20 mètres de hauteur sur trois étages, et est de construction carrée avec un toit pyramidal. Le style est composite : chapiteaux éoliens, colonnes ioniennes, gorge égyptienne, femme ailée, lion, quadrige…..

-LE TEMPLE DE SATURNE: Il date de la fin du deuxième siècle de notre ère, il s’élève sur l’aire du sanctuaire de Baal-Hammon-Saturne.                                   

-LES MAISONS: Elles sont construites sur le modèle méditerranéen avec des chambres réparties autour d’un patio central à péristyle. Les sols sont ornés de riches mosaïques (maison de Dionisos, maison de Ulysse, maison du Trifolium).

-AGBIA: Agbia était un peu plus d’un grand village à l’époque d’Augustin, aujourd’hui c’est une bien petite agglomération, difficile à trouver sur une carte géographique.  Les vestiges romains se trouvent sur le sommet d’une petite colline, et sont encore entièrement enfouis.  On distingue une construction en ruines d’origine arabe réalisée sur les ruines avec des restes d’un temple romain.

-MUSTI: La preuve que nous nous trouvons sur la voie romaine nous est fournie par un très bel arc de triomphe, très bien conservé, qui se trouve à la périphérie de la ville. Auprès de l’arc, se trouvent quelques vestiges qui paraissent être les fondations de petits temples. A cet endroit, la route est légèrement déportée vers la droite, à une dizaine de mètre de l’arc : lorsqu’il fut nécessaire d’élargir la route au-delà des 5,30 mètres réglementaires  de l’arc de triomphe, il fut décidé de créer un nouveau tracé parallèle. La ville de Musti apparaît sur la droite à  peu près  200 m du temple . A été mise à la lumière une très belle basilique romaine avec ses  fonts baptismaux; un temple d’Apollo, quelques temples mineurs, et un long morceau de route  romaine. La majeur  partie de la ville est encore sous terre.

-SICCA VENERIA: Le parcours septentrional, particulièrement beau au niveau du paysage, débutera à l’aube du deuxième jour à Sicca Veneria (Le Kef), où on aura passé la nuit. On visitera la ville et son superbe château ottoman, construit sur les ruines (parfaitement reconnaissables) d’une citadelle romaine. A l’intérieur du château, sont disséminées des statues, des chapiteaux, des inscriptions et des restes romains de toute nature. Les restes de l’ancienne citadelle romaine sont également bien évidents à la base du château. Il existe d’autres vestiges éparses un peu partout, et le regard se perd souvent sur la très belle plaine en contrebas, qui rappelle la petite ville de Pienza, en Toscane ; il existe aussi une basilique, aujourd’hui transformée en local public.

Ce parcours a été effectué à plusieurs reprises par St. Augustin, qui a été nommé d’abord prêtre, puis évêque d’Hyppone, en Algérie, petite ville à laquelle conduisait le parcours septentrional, en unissant ainsi la voie proconsulaire Nord avec la voie proconsulaire côtière, dans la ville même d’Hyppone. En outre, cette voie permet d’atteindre  aussi Tagaste, ville natale d’Augustin. Ce trajet est riche de vestiges et de ruines romaines, mais il est également beau et panoramique, surtout dans la zone montagneuse en proximité de la frontière algérienne à un peu moins de cinquante kilomètres d’Hyppone. Par contre, il est certainement plus fatigant du parcours Sud, bien plus plat. Les sites touchés par cet itinéraire sont très importants, et comprennent l’extraordinaire parc archéologique de Bulla Regia et de Simitthius. A l’intérieur de cet itinéraire, le Tour s’arrêtera là où fit halte St. Augustin, en proposant aux pèlerins la visite des vestiges de cette période, que le saint certainement eut l’occasion de voir et de fréquenter pendant ses déplacements. En synthèse, voici la chronique de la deuxième journée du Tour, sur l’itinéraire Nord :  MASCULVIA / NARAGGARA

La route grimpe à flanc de montagne, entourée d’une très belle pinède, sur laquelle volent les aigles noirs, et qui est habitée par des tortues et des oiseaux de toute sorte. Sur le territoire de cette petite ville, actuellement sur la frontière algérienne, il n’y a pas de vestiges romaines. Toutefois, son lien avec la petite ville romaine de Naraggara est proposé avec insistance par la carte de 1947 de Pierre Salama. Cette filiation, toutefois, n’a jamais vraiment convaincu notre équipe, qui a décidé d’approfondir ses recherches dans un rayon de 20 kms autour de la ville. Même la ville de Masculvia est proposée par la même source, dans la même région.  Enfin, après plusieurs jours de travail, et nous étant déplacés de 25 kms environ à l’est, au milieu d’une zone cultivée, dans une lande déserte, nous avons localisé, face à une école primaire (seul élément civilisé dans ce paysage imposant), tout d’abord un très beau petit temple sur le sommet d’une colline, puis, avec l’aide d’un instituteur, nous nous sommes engagés dans le bois et dans les champs adjacents, jusqu’à trouver les traces d’une installation plutôt vaste, de laquelle émerge un édifice, probablement public, privé de colonnes, ayant les dimensions apparentes de 15 m. x 10 m. Nous avons eu soin de signaler de suite cette découverte à l’ Institut National pour la Conservation du Patrimoine et une reconnaissance des lieux a été convenue, à la date à laquelle ce document est imprimé. Notre tour s’arrêtera en ce lieu, même si ce site doit être encore classé et l’unique moyen pour le rejoindre est à pieds. En cas de mauvais temps, cette étape doit être obligatoirement annulée.  Nous ne savons pas avec certitude s’il s’agit de la ville de  Masculvia ou de Naraggara, mais ce qui est sur c’est qu’il s’agit de l’une des deux. Seuls les fouilles permettront de trouver une réponse à cette question.

NARAGGARA/MASCULVIA: Il n’est pas resté grand chose de la petite ville qui fournissait à Rome ses plus beaux gladiateurs ; quelques fermes isolées et quelque piste, difficile à parcourir en tout terrain. Au centre d’un immense champ de blé, se découpe dans le ciel le pilier d’une tour de vigie et, un peu plus loin, un petit temple chrétien avec des traces d’arcades et de colonnes, situé à l’intérieur d’un minuscule cimetière musulman, ce qui prouve que le lieu sacré a continué à être respecté bien que la religion ait changé. Cette région est connue sous le nom de Tuiret. A 10 kms environ du lieu que nous avons découvert, se trouve un autre site archéologique de grandes dimensions, que les archéologues pensent attribuer à la ville de Masculvia. Notre Tour visitera seulement la tour et le petit temple, puisqu’il n’est pas possible d’atteindre en car les autres ruines, situées dans la zone de Guergour. De même, ceux qui voudront atteindre la tour et le petit temple devront parcourir à pied environ 200 m. en traversant un champ de blé le long d’une piste en terre battue. Ce petit sacrifice est, à notre avis, amplement justifié. L’attribution de cette ville à  Masculvia porte au doute , car il se peut qu’il s’agisse au contraire de la ville de  Naraggara.

-SIMITTHIUS: Pendant que nous cherchions les ruines de Simitthius, nous sommes tombés par hasard sur une route dont le dallage très spécial et la largeur nous rappelait une voie romaine. La décision que nous avons prise de la prendre et de la parcourir a confirmé de manière éclatante l’intuition que nous avions eue. La voie romaine, qui est parfaitement conservée sur une longueur de 4 km et est actuellement parcourue par le trafic automobile et agricole de la région, mène tout droit à un imposant pont romain (aujourd’hui écroulé) sur l’Oued Mejerda : de l’autre coté de l’oued, s’élevait la grande ville de Simitthius. En ce lieu, l’Oued Mejerda est peu profond et devra être passé à gué pour atteindre le site. Lorsque nous avons procédé à la reconnaissance des lieux, nous n’avions pas de véhicule tout terrain, et nous avons du renoncer à passer l’oued à gué ; nous nous sommes limités à observer les ruines imposantes au téléobjectif de nos appareils photographiques, après avoir grimpé sur un pilier du pont. Bien entendu, nous avons atteint par la suite le site sur la rive opposée, où nous avons trouvé une route goudronnée et il apparaît déjà partiellement fouillé.

Simitthius, ancienne ville numide du règne de Massinissa (nécropoles, sanctuaire édifié au deuxième siècle de notre ère sous Miscipsa, fils de Massinissa) est devenue colonie romaine sous Auguste (27 a.c. – 14 d.c.). Sa situation favorable explique sa prospérité et son extension : un fleuve (la Mejerda), un croisement sur la voie  Carthage – Hippo Regius – Sicca Veneria – Thabarca ; une région céréalière (les «campi magni ») et enfin les collines de marbre jaune qui ont été exploitées jusqu’à l’époque byzantine. C’est ainsi que la ville assume rapidement un caractère monumental de type classique, avec toutefois deux originalités : la présence de moulins à eau, actionnés par des turbines hydrauliques intégrées au pont et l’existence d’ateliers pour le travail du marbre.

-LE CAMP DE TRAVAIL DES CARRIERES IMPERIALES: Le camp de travail était le plus grand complexe du genre dans le monde romain. Chaque bloc extrait portait une inscription qui mentionnait l’empereur régnant,  le proconsul en Afrique, l’administrateur et la production annuelle. Les carrières étaient de propriété impériale, on y exploitait le marbre jaune dit «de Simitthius ». Le complexe s’étend sur 4000 m² et comprend des édifices administratifs, des habitations, l’atelier pour le travail du marbre, des bains, des thermes, des sanctuaires, etc. Une main d’œuvre  composée d’esclaves et de condamnés fabriquait des colonnes, des placages, de la vaisselle, des statuettes, etc., produits qui étaient principalement exportés dans toute l’aire méditerranéenne par le port de Tabarka.

-LE PONT SUR LA MEJERDA: Il intégrait un moulin à grains actionné par des turbines hydrauliques, seul exemple que nous connaissions d’ingénierie hydraulique englobée dans un pont. Il a été construit à la fin du troisième siècle (avant la naissance de St. Augustin, qui très certainement l’a franchi) après que les eaux aient abattu les deux autres ponts qui l’avaient précédé.

-AUTRES MONUMENTS: La ville possède un théâtre, deux thermes, un aqueduc, un forum et un sanctuaire dédié au dieu Saturne. 

-BULLA REGGIA: C’est un des sites les plus importants du Pays, très bien documenté, dont la visite nécessitera beaucoup de temps et un guide spécialisé. La ville «des grandes plaines » (bassin moyen de la Mejerda, l’ancien Bagrada) est d’origine numide et a été punicisée. « Bulla la royale » fut une des résidences de Massinissa et de ses descendants. Sous les romains, elle est d’abord cité libre, puis municipalité dans le premier siècle de notre ère, et enfin colonie honoraire sous Hadrien (117 – 138). La grande basilique chrétienne domine l’entrée de la ville, qui est un but important de notre itinéraire, car c’est l’épicentre de la vie religieuse et chrétienne de la région.

-THERMES DE JULIA MEMMIA: Elles dominent la ville et constituent un des édifices thermaux les mieux conservés de Tunisie.

-LE THEATRE: Il est comparable à celui de Thougga, avec ses galeries circulaires. Il y a également un forum et de nombreux temples.

-MAISONS A ETAGES SOUTERRAINS: C’est un cas unique dans l’architecture romaine. Bulla Regia possède des maisons doubles, dont la structure est parfaitement reproduite au rez-de-chaussée et à l’étage souterrain. Le plan inférieur est aussi luxueux que celui du rez-de-chaussée (patio avec péristyle qui laisse entrer la lumière du soleil, pavement en mosaïques, puits, etc.). L’étage souterrain était habité les mois de juin, juillet et août. Le reste de l’année, la famille habitait au rez-de-chaussée.

-MAISON DE LA CHASSE: Elle montre le raffinement de l’architecture domestique romano-africaine. Dans le sous-sol de la «maison de la nouvelle chasse », la reconstruction d’une voûte en croix a été réalisée selon la technique de l’époque.

-MAISON DE LA PÊCHE: elle se distingue par son patio orné d’ «arcs romains » et de fontaines en demi-cercle, alors que la «maison d’Amphitrite » contient la célèbre mosaïque dans laquelle Amphitrite chevauche un centaure marin, Neptune et deux génies ailés. Les compositions à thème qui ont donné leur nom aux maisons, sont conservées au Musée du Bardo.

-AVENZA: Nous n’avons trouvé aucune ruine romaine à la sortie de Vaga ; on reprendra la route déjà empruntée à la veille, pour regagner Carthage, et le Tour s’achèvera avec le check dans les hôtels respectifs.

-VAGA: Ville très importante actuellement pour la production agricole de la région, alors qu’elle n’était qu’un grand village en temps d’Augustin. Située au bord d’une route secondaire qui reliais la région avec le port de Tabarka. Nous n’avons pas encore, jusqu’à la préparation de ce programme, relevé de vestiges romains. Cependant des recherches sont en cours , même si quelques traces qui pourraient être attribuées à la période romaine, sont visibles sur les murs de la Médina. A la périphérie  de Vaga on rencontre un pont, et le Tour se terminera avec le check in dans les hôtels de résidence respectifs.

  1. DEUXIÈME FORMULE: ÉGLISES ET BASILIQUES DE St. AUGUSTIN

La reconstruction fidèle et détaillée des églises et des basiliques fréquentées par St. Augustin n’a pas été toujours facile, compte tenu que, à sa première venue à Carthage, le christianisme y était à ses débuts et les églises y étaient encore peu nombreuses. Ultérieurement, et grâce à son travail personnel de catéchisation, de nombreux temples dédiés à des divinités païennes furent  convertis au christianisme. ; en outre, de nouvelles cathédrales furent construites. Pendant le cours de sa vie, il a vu la fermeture de  la plupart des temples païens, disparaître l’esclavage, disparaître presque totalement les hérésies comme le donatisme, ainsi que des confessions religieuses une fois très diffusées, comme le manichéisme, que lui-même pratiqua auparavant. En outre, la destruction de Carthage, œuvre d’abord des carthaginois eux-mêmes, puis de rebelles, puis de toutes les ethnies qui se sont succédées, a pratiquement effacé ces lieux. Nous sommes toutefois en possession d’une documentation historique qui permet d’identifier les lieux de culte (ou de toute manière lieux significatifs) fréquentés par St. Augustin dans sa période carthaginoise, et donc tous antérieurs au cinquième siècle. Ce sont :

-LA BASILIQUE JUDICIAIRE ROMAINE
-LA BASILIQUE DE CARTHAGÈNE -
-L’EDIFICE A COLONNES (THERMES DE GARGILIUS)
-THEATRE ROMAIN
-ODEON
-BASILIQUE DAMOUS EL KARITA
-BASILIQUE MAJORUM
-BASILIQUE DE St. CYPRIEN
-THERMES D’ANTONIN
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CIRQUE «MASSIMO »
-AMPHITEATRE ROMAIN
-COUVENT DE Ste MONIQUE
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BASILIQUE JUDICIAIRE ROMAINE

C’est le tribunal, où l’on discutait les causes civiles et dans lequel la population de Carthage avait coutume de se réunir pour discuter les jours ou les heures pendant lesquelles elle ne travaillait pas. Par ses nombreuses biographies, nous savons avec certitude que St. Augustin fréquenta assidûment ce lieu, surtout au cours de ses premières années de permanence à Carthage, quand il envisageait peut-être de devenir avocat.

-BASILIQUE DE CARTHAGÈNE: Cet édifice se trouve du coté de l’Avenue Bourguiba, vers la mer, à peu de distance des ports puniques, tout contre le musée paléochrétien actuel. L’édifice actuel semble avoir été construit sur un édifice précédent. Sa position, près du forum et aux ports commerciaux, aurait pu en faire la fameuse «cathédrale de Carthage », qui a été citée si souvent par St. Augustin, dans laquelle il avait coutume de se retirer et prêcher (parfois en présence de quelques femmes seulement)  alors même que se déroulaient les manifestations équestres ou les combats de gladiateurs, alors réputés ; du haut de la chaire, il tonnait contre ses fidèles qui n’hésitaient pas à déserter les offices religieux pour assister aux jeux. Ces épisodes se produisaient souvent alors que, déjà évêque, il se rendait à Carthage.

-EDIFICE A COLONNES – THERMES DE GARGILIUS: Cet édifice se trouve sur le côté gauche du golfe, après le théâtre, devant la bifurcation de la route qui mène à La Marsa. L’attribution exacte de cet édifice comme siège des thermes de Gargilius, dans lesquelles St. Augustin put mettre un terme en 411 au schisme dévastateur entre catholiques et donatistes, est encore contestée par certains historiens, à cause de certaines inscriptions qui y ont été retrouvées (comme par ex. « FELIX POPULUS VENETI » qui pourrait indiquer que ce lieu était le siège d’une «équipe » d’auriges, qui était identifiée par des couleurs, dont l’azur, qui était la couleur officielle de Carthage). Le directeur du Musée de Carthage, par contre, attribue cette paternité à ce lieu. Nous savons, en effet, que St. Augustin choisit un lieu «neutre » comme siège pour sa conférence, nous savons aussi que ce lieu était pratiquement au centre de la ville, qui s’étendait alors de La Marsa à La Goulette. Or cet édifice est bien au «centre » de la cité de l’époque. En outre, sa forme et sa conception architectonique font penser que l’édifice avait un caractère plus important que celui d’un simple siège d’une association sportive. Enfin, dans cette zone ont été retrouvés des restes des canalisations de l’aqueduc de Zaghouan, qui alimentait notamment en eau les Thermes d’Antonin toutes proches. Sa proximité avec la Basilique de Damous El Karita pourrait avaliser le choix du lieu, neutre en effet, mais proche de Dieu….en parfaite concordance avec la façon de penser de St. Augustin.

-THEATRE ROMAIN: Il n’en reste que la «cavea », c’est à dire les gradins disposés en hémicycle, où les spectateurs prenaient place, ainsi qu’une série de locaux de services, situés au-dessous des gradins, où étaient probablement installés les acteurs avant les représentations. Selon la reconstruction de PROMENADE ARCHÉOLOGIQUE A’ CARTHAGE (7), aucun spectacle sanglant n’y était donné. Augustin prêchait constamment contre les mimes et les acteurs coupables, selon lui, de distraire les fidèles de la fréquentation des temples. Il ne fut très certainement pas un spectateur assidu même si, pour pouvoir contester ce lieu, il devait sans doute le connaître.

 -ODEON: Il s’agit d’un théâtre couvert, construit exactement derrière le théâtre de la côte Nord. Selon Tertullien, écrivain de l’époque, il fut construit dans le deuxième siècle de notre ère, il était donc à peine achevé à l’époque de St. Augustin. Nous n’avons pas de nouvelles certaines quant à la fréquentation de ce théâtre par le saint, mais nous savons qu’il l’a vu et visité.

-BASILIQUE DE DAMOUS EL KARITA: Il s’agit probablement d’un nom latin corrompu : DOMUS CARITATIS, même si de nombreux textes qui font autorité soutiennent le contraire. Elle se trouve le long de la route qui mène à Sidi Bou Said, en bas, à droite. Elle a été fouillée en 1878. Il s’agit d’un des principaux monuments du christianisme naissant, qui est daté du 1er siècle de notre ère, et a été donc construit avant la naissance de St. Augustin. Elle se trouve à moins de 100 mètres des thermes de Gargilius, et est certainement la plus grande des 17 basiliques de Carthage, dont parlent les auteurs de l’époque (selon certains auteurs, elles furent beaucoup plus nombreuses) Ses dimensions sont imposantes, elle incorpore au moins deux basiliques, l’une adossée à l’autre, des chapelles, un baptistère, une rotonde souterraine entourée de 16 colonnes et superbement décorée de mosaïques de très belle facture. Autour de ce monument se trouvent les résidences des prêtres, pleines de très beaux bas-reliefs. St. Augustin la cite de nombreuses fois, et la fréquente surtout pendant ses deux dernières visites à Carthage, alors qu’il est déjà évêque d’Hyppone.

-BASILICA MAJORUM: Elle se trouve à quelques dizaines de mètres de la route qui, de Sidi Bou Said, mène à La Malga, avant de rejoindre le cimetière militaire américain. Cette basilique était, à l’époque de St. Augustin, spécialisée dans le «culte des anciens ». Il était donc prévisible qu’il se rende souvent parmi les anciens qui assistaient au culte, pour les réconforter et les assister, même matériellement, comme il le faisait habituellement à Hyppone. A’ l’époque, les anciens (tout au moins ceux qui n’étaient pas riches) vivaient pratiquement tous dans la misère. Elle est dédiée aux martyrs de la première évangélisation de Carthage (Ste Félicité, Ste Perpétue, etc.).

-BASILIQUE DE St. CYPRIEN: Elle se trouve à l’extrémité du plateau nord ouest, à pic sur la mer. L’église, perpendiculaire au rivage, se trouvait alors dans un faubourg de la ville. Il s’agissait d’une construction très modeste (une chapelle), sur les ruines de laquelle a été édifiée ultérieurement une grande basilique. Ce lieu resta toujours très près du cœur de St. Augustin, car il s’y déroula un petit drame familial : après avoir rejeté la fois manichéenne, il sentit le besoin d’aller en Italie, où il demeura pendant cinq longues années et où il se convertit au christianisme. Au moment de partir, sa mère, Sainte Monique, le rejoignit au port et le supplia de ne pas le faire ou de l’amener avec lui. En ce temps là, voyager était très dangereux, et c’était parfois sans retour. Peut-être Ste Monique sentait la mort imminente (elle mourut quelques années plus tard en Italie, où elle avait rejoint son fils), mais Augustin ne voulait absolument pas l’entraîner dans une aventure que lui-même ne savait pas évaluer totalement. Puisque le navire avec lequel il devait partir pour Rome n’était pas ancré à Carthage (dont le port était encombré) mais au petit port d’Amilcar, il réussit à convaincre sa mère de l’attendre dans la petite chapelle de St. Cyprien. La mère accepta et s’y retira, mais elle l’attendit en vain. Il s’était embarqué furtivement et le navire leva l’ancre dans la nuit en direction de Rome. Nous pouvons seulement imaginer avec quelle angoisse il pensa à sa mère, dans une vaine attente dans cette petite église. En outre, il semblerait que c’est bien dans cette basilique qu’il tint le fameux prêche «aux romains ayant fui Rome après la mise à sac des vandales », au cours de laquelle il calma les esprits de tous ceux qui avaient tendance à accuser Dieu d’une si grande catastrophe.

-THERMES D’ANTONIN: Aux pieds de la colline de Sidi Bou Saïd, tout près du périmètre extérieur du palais de la Présidence actuel, surgit le site archéologique de Carthage le plus imposant, les gigantesques Thermes d’Antonin, pour l’alimentation desquelles les romains créèrent une conduite d’eau sous pression provenant de sources de montagnes lointaines (l’aqueduc de Zaghouan). Ce serait trop long de décrire ici la topographie et la destination des innombrables salles et piscines du complexe thermal, ce ne serait d’ailleurs pas en harmonie avec le but de ce document. Augustin les fréquenta assidûment d’autant plus que, lorsqu’il était un pauvre jeune étudiant fauché, il n’aurait pas pu se permettre une habitation avec ses thermes privées. 

-CIRQUE: A 600 m. au sud de l’amphithéâtre, on peut relever une simple dépression du terrain, qui a été identifiée par diverses missions archéologiques internationales et par des relevés photographiques aériens, comme étant le grand et fameux «cirque de Carthage », lieu où se déroulaient les courses des auriges ainsi que d’autres spectacles non sanglants. Quelques vestiges seulement, confondues avec le terrain, permettent d’identifier le site. Il s’agissait toutefois du second cirque de l’empire romain (après celui de Rome), avec une capacité de 75.000 places. S’agissant du monument le plus prodigieux que les romains construisirent dans cette ville, il semblerait absurde qu’Augustin ne l’ait pas admiré ou même fréquenté dans sa jeunesse,  il fréquentait avec assiduité les cirques, les stades et les amphithéâtres). En outre, sa datation (1er siècle) nous garantit qu’il était exploité à l’époque du séjour à Carthage du jeune homme.

-AMPHITHEATRE ROMAIN: C’est le premier monument qu’on rencontre sur la droite, lorsqu’on prend la voie principale d’accès à Carthage, avant d’atteindre le croisement de La Marsa – Le Kram. C’est le lieu où se déroulaient les combats sanglants entre les gladiateurs et où étaient jetés en repas aux bêtes fauves des combattants, des esclaves ou des chrétiens, pendant la première période d’évangélisation, à laquelle s’opposait le pouvoir central. Ses dimensions étaient telles qu’il pouvait contenir environ 36.000 spectateurs, soit autant qu’en contenait le Colisée de Rome. Bien qu’il déteste ces horreurs depuis son jeune âge, Augustin y prenait part parfois «les yeux fermés », comme il écrivit lui-même. Un jour, frappé par la clameur qui s’éleva de la foule dés la première blessure d’un gladiateur, il ouvrit les yeux et suivit effrayé et fasciné à la fois le carnage d’un jeune gladiateur, d’abord blessé, puis écartelé vif par son adversaire. Ce spectacle le perturba profondément et le poursuivit pendant toute sa vie : il en parla et il écrivit longuement à son propos.

-COUVENT DE Ste MONIQUE: L’historiographie de ce lieu est plutôt confuse, et doit être reliée à la Basilique de St. Cyprien, puisque ces deux sites ont été les témoins de l’épisode déchirant du départ d’Augustin contre le gré de sa mère. Ce site se trouve à 200 m. environ à vol d’oiseau de la Basilique de St. Cyprien, déjà citée. Aujourd’hui, le Palais Présidentiel est érigé entre les deux sites, mais on doit supposer qu’à l’époque ne s’y trouvaient que des masures et des cabanes de pécheurs qui habitaient les faubourgs de Carthage, en bord de mer. En ces lieux, et en particulier dans certaines constructions en bord de mer (qu’on peut toujours visiter, et que notre tour touchera), Ste Monique y descendit lorsqu’elle se rendit compte que son fils ne serait plus revenu, puisqu’elle avait vu son navire lever l’ancre. Il semblerait qu’elle ne voulut plus quitter ces lieux et qu’il fut nécessaire de l’héberger de force dans les maisons d’amis, toutes proches du port. Le couvent de Ste Monique qui se dresse au-dessus de ce lieu (transformé aujourd’hui en lycée) n’a rien en commun avec cet épisode, car il a été bâti récemment par des frères franciscains, qui ont voulu l’appeler ainsi en hommage à la proximité du lieu sacré.